Une boutique qui vend en B2C reçoit régulièrement des demandes professionnelles : une collectivité qui veut trente unités, un revendeur qui demande un tarif, une entreprise qui a besoin d’un devis pour son service achats. Le réflexe consiste à activer le mode B2B de PrestaShop. C’est presque toujours une erreur.
Ce que « passer en B2B » fait réellement
L’option se trouve dans Paramètres de la boutique > Clients, et elle transforme la boutique bien plus profondément que son intitulé ne le suggère.
- Les prix s’affichent hors taxes par défaut, ce qui déroute immédiatement un particulier.
- Le formulaire d’inscription se charge de champs professionnels : raison sociale, numéro SIRET, numéro de TVA, effectif.
- Les nouveaux comptes peuvent nécessiter une validation manuelle avant de pouvoir commander.
- Des notions de remise permanente et d’encours autorisé apparaissent au niveau du client.
Sur une boutique dont 95 % du chiffre d’affaires est B2C, ce basculement dégrade le parcours de la quasi-totalité des visiteurs pour servir une minorité. Le remède est plus coûteux que le mal.
L’approche ciblée
La boutique reste en B2C. Vous ajoutez un canal parallèle : un bouton de demande de devis, visible uniquement dans les situations où il a du sens, et qui déclenche un traitement humain.
Rien ne change pour le particulier qui achète une unité. Le professionnel qui a un besoin spécifique trouve un chemin adapté sans que vous ayez transformé votre tunnel.
Où placer le bouton
Quatre déclencheurs, à combiner selon votre catalogue.
- Au-delà d’un seuil de quantité. Le sélecteur atteint dix unités, un message propose une demande de devis pour un tarif adapté. C’est le déclencheur le plus naturel : il apparaît au moment exact où le client formule un besoin de volume.
- Sur une sélection de produits. Les références vendues au professionnel, les gros équipements, les produits sur commande. Le bouton coexiste avec l’ajout au panier.
- Sur les produits sans prix affiché. Pour du sur-mesure ou des équipements dont le prix dépend de l’installation, le bouton remplace l’achat direct.
- Depuis le panier. Un lien discret « Vous êtes un professionnel ? Demandez un devis pour ce panier » transforme une sélection existante en demande, sans que le client ait à tout ressaisir.
Le quatrième est le plus productif et le moins souvent implémenté.
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Ce qu’il ne faut pas faire
Remplacer le bouton d’achat par un bouton de devis sur l’ensemble du catalogue. Vous perdez alors toutes les ventes directes, y compris celles de professionnels pressés qui auraient payé le prix affiché sans négocier.
La règle : le devis s’ajoute, il ne remplace pas. Les deux boutons coexistent, avec une hiérarchie visuelle claire en faveur de l’achat immédiat.
Le formulaire
Trois champs suffisent pour ouvrir la discussion : le nom de la société, un email et un téléphone. Ajoutez un champ libre pour le besoin, et éventuellement un champ de quantité prérempli.
Le SIRET et le numéro de TVA intracommunautaire ne servent qu’au moment de la facturation. Les demander à l’étape de la demande fait chuter le taux de soumission sans rien apporter : vous les collecterez à la conversion, quand le client sera engagé.
Une pièce jointe est utile sur les marchés publics et les appels d’offres, où le client transmet un cahier des charges. Limitez les formats et la taille, et scannez ce qui arrive.
Le workflow interne
Une demande de devis qui atterrit dans une boîte email partagée se perd. Quatre éléments minimum doivent exister.
Une file de demandes visible dans le back-office, avec un statut par demande. Un responsable désigné par demande, même si vous êtes seul : cela force à savoir qui doit agir. Un délai cible de première réponse, vingt-quatre heures ouvrées est un repère raisonnable, car le client a souvent sollicité trois fournisseurs le même jour. Un historique conservé par client, qui permet de retrouver le tarif accordé la fois précédente.
La relance
Une demande de devis sans réponse du client n’est pas un refus. Deux relances suffisent : une à cinq jours, une à quinze. La première rappelle simplement le devis et propose de répondre aux questions. La seconde mentionne l’échéance de validité, ce qui donne une raison objective de reprendre contact.
Au-delà, classez la demande sans la supprimer. Une demande de l’an dernier est un contact qualifié pour la campagne suivante.
Une fois le devis accepté
La suite du parcours, états du devis, durée de validité, acompte et conversion en commande, se traite avec la même rigueur. C’est là que se perdent les affaires déjà gagnées, faute d’un lien maintenu entre le devis et la commande finale.
Le module Demande de Devis B2B pour PrestaShop met en place ce canal parallèle sur PrestaShop 8 et 9, sans activer le mode B2B natif : bouton conditionnel par produit, catégorie ou quantité, demande depuis le panier, file de traitement dans le back-office et conversion en commande une fois le devis accepté.