L’European Accessibility Act est applicable depuis le 28 juin 2025. Il couvre explicitement les services de commerce électronique, ce qui inclut une boutique en ligne, son tunnel de commande et ses documents contractuels. Ce n’est pas une recommandation : c’est une obligation avec un régime de sanctions.
La plupart des marchands concernés ne le savent pas, ou pensent l’être sans l’être. Commençons par là.
Qui est concerné
Le texte vise les entreprises qui fournissent des services de commerce électronique aux consommateurs. Une exemption existe pour les microentreprises fournissant des services, définies comme employant moins de dix personnes et réalisant un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan n’excédant pas deux millions d’euros.
Deux précisions qui font la différence. L’exemption s’apprécie sur l’entreprise entière, pas sur l’activité en ligne. Et elle porte sur les services : les obligations applicables aux produits relèvent d’un régime distinct.
Un point de méthode : si vous êtes proche des seuils, ne construisez pas votre planning sur l’exemption. Une croissance vous fait basculer, et une mise en conformité ne s’improvise pas en trois semaines.
Le référentiel applicable
La norme européenne de référence renvoie, pour le web, aux critères des règles internationales d’accessibilité au niveau AA. En France, le référentiel général d’amélioration de l’accessibilité en constitue la déclinaison opérationnelle, avec une grille de critères testables.
Ce point est utile en pratique : plutôt que de partir des principes, partez de la grille. Elle transforme un sujet abstrait en une liste de vérifications.
Les douze blocages les plus fréquents sur une boutique
Sur les audits de boutiques, les mêmes points reviennent. Les voici, par ordre de fréquence décroissante.
- Contrastes insuffisants sur les textes secondaires, les prix barrés et les mentions légales.
- Images de produits sans texte alternatif, ou avec un texte alternatif reprenant le nom du fichier.
- Champs de formulaire sans étiquette associée, notamment dans le tunnel de commande où seul un texte de substitution fait office de libellé.
- Focus clavier invisible, souvent supprimé par le thème pour des raisons esthétiques.
- Navigation impossible au clavier sur les menus déroulants et les sélecteurs de déclinaisons.
- Messages d’erreur non annoncés aux technologies d’assistance : le champ devient rouge, rien n’est vocalisé.
- Carrousels sans contrôle, qui défilent automatiquement sans possibilité d’arrêt.
- Hiérarchie de titres incohérente, avec des niveaux sautés ou utilisés pour la mise en forme.
- Liens non explicites hors contexte, du type « en savoir plus » répété vingt fois sur une page catégorie.
- Information portée par la couleur seule : disponibilité en vert, rupture en rouge, sans texte.
- Vidéos sans sous-titres ni transcription.
- Zoom bloqué sur mobile par une balise de configuration d’affichage.
Les quatre premiers représentent l’essentiel du volume d’anomalies, et ils sont tous corrigeables sans refonte.
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Une méthode d’audit en une journée
Un audit complet est un projet. Un premier état des lieux tient dans une journée et suffit à savoir où vous en êtes.
Matin : les tests automatiques. Passez un outil d’analyse sur cinq pages types, accueil, catégorie, fiche produit, panier, tunnel de commande. Les outils automatiques détectent environ un tiers des critères, essentiellement les contrastes, les alternatives manquantes et les étiquettes de formulaire. C’est peu, mais c’est le tiers le plus volumineux.
Début d’après-midi : le test clavier. Débranchez la souris et passez une commande complète en n’utilisant que la tabulation et la touche d’entrée. Cet exercice, qui prend vingt minutes, révèle davantage de problèmes bloquants que n’importe quel outil.
Fin d’après-midi : le test au lecteur d’écran. Activez le lecteur d’écran de votre système et parcourez une fiche produit. L’objectif n’est pas de tout corriger mais de constater : si le prix, la disponibilité et le bouton d’achat ne sont pas annoncés correctement, vous savez par quoi commencer.
À l’issue de cette journée, vous disposez d’une liste priorisée et d’une idée réaliste de l’effort restant.
Ce qu’un widget peut faire, et ce qu’il ne peut pas
Point d’honnêteté nécessaire, parce que le marché entretient une confusion.
Une surcouche d’accessibilité traite efficacement un sous-ensemble de critères : correction de contrastes, ajout d’étiquettes manquantes, restauration du focus visible, options de confort comme l’agrandissement du texte ou l’espacement des lignes. Sur les douze blocages listés plus haut, elle en couvre correctement quatre à six.
Elle ne peut pas réparer une structure de titres incohérente, rendre navigable au clavier un composant qui ne l’est pas, rédiger des textes alternatifs pertinents, ni sous-titrer une vidéo. Aucun outil automatique ne rend un site conforme, et présenter une surcouche comme une mise en conformité complète est un argument à écarter.
Ce qu’elle apporte réellement : un gain immédiat sur les anomalies les plus nombreuses, pendant que la remédiation de fond se planifie sur le thème.
La déclaration d’accessibilité
Obligation souvent ignorée : les entités concernées doivent publier une déclaration décrivant l’état de conformité du service, les contenus non accessibles avec leur justification, et un moyen de contact pour signaler un problème.
Une déclaration honnête mentionnant une conformité partielle vaut mieux qu’une absence de déclaration, et mieux qu’une déclaration de conformité totale démentie par le premier test.
Par quoi commencer
Dans l’ordre : les contrastes, qui sont massifs et faciles ; les étiquettes de formulaire du tunnel de commande, parce qu’un tunnel inutilisable rend le service inaccessible au sens strict ; le focus clavier ; puis les textes alternatifs des images produits, chantier long mais fractionnable.
Le module Accessibilité EAA pour PrestaShop intervient sur PrestaShop 8 et 9 : corrections automatiques des contrastes, étiquettes et focus, options de confort utilisateur, et rapport des anomalies détectées pour cadrer la remédiation qui reste à faire sur le thème.