Le maillage interne est le seul levier SEO entièrement sous votre contrôle. Il ne dépend d’aucun tiers, il ne s’achète pas, et il agit sur deux choses à la fois : la façon dont les moteurs répartissent l’importance entre vos pages, et la profondeur à laquelle un visiteur trouve ce qu’il cherche.
Sur une boutique, il se construit rarement, et presque jamais dans les deux sens.
Le principe du silo
Une boutique a une structure naturelle à trois niveaux : accueil, catégories, fiches produits. Le maillage consiste à faire circuler la valeur dans cette structure plutôt qu’à la laisser stagner.
Deux flux existent, et le second est presque toujours absent.
Le flux descendant, de la catégorie vers les produits, se fait tout seul : la grille de produits est un maillage. Il est massif mais non hiérarchisé, chaque produit recevant le même traitement.
Le flux remontant, du produit vers la catégorie, est celui qui manque. Un fil d’Ariane le crée faiblement. Un lien contextuel dans la description, un bloc « voir toute la gamme », une mention de la catégorie parente dans le contenu font bien davantage.
Sans flux remontant, vos pages catégories dépendent uniquement du menu pour exister, alors qu’elles portent les requêtes à plus fort volume.
Les quatre flux à construire
- Catégorie vers produits : existant, à hiérarchiser. Les produits mis en avant en tête de grille reçoivent plus de valeur que ceux de la page 4. Ce choix devrait suivre votre stratégie, pas l’ordre par défaut.
- Produit vers catégorie : à construire. C’est celui qui a le meilleur rapport effort sur résultat, parce qu’il se génère automatiquement à partir de la catégorie principale du produit.
- Produit vers produit : accessoires, produits similaires, souvent achetés ensemble. Il fait circuler la valeur latéralement et améliore la découverte.
- Contenu vers produit : depuis les articles de blog, les guides, les pages d’aide. C’est le flux le plus qualitatif, parce que le lien est contextuel et entouré de texte pertinent.
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Les ancres
Trois règles, dont la première est la plus enfreinte.
Variez les formulations. Trois cents fiches produits qui pointent toutes vers la même catégorie avec exactement la même ancre constituent un signal artificiel. Alternez entre le nom exact de la catégorie, une formulation descriptive, et une variante.
L’ancre décrit la destination. « Cliquez ici » et « en savoir plus » n’apportent rien, ni au moteur ni au lecteur. « Toute notre gamme de perceuses sans fil » indique où l’on va.
Restez naturel. Une ancre sur-optimisée, qui empile les mots-clés, se repère immédiatement et dégrade la lecture. Si la phrase sonne mal lue à voix haute, l’ancre est mauvaise.
Combien de liens par page
La question revient toujours, et il n’existe pas de chiffre magique. Deux principes utilisables à la place.
La valeur transmise se divise. Une page qui émet deux cents liens en transmet peu à chacun. Sur une fiche produit, une dizaine de liens contextuels bien choisis valent mieux qu’un pied de page à cent entrées.
Le pied de page compte. Un méga pied de page répété sur toutes les pages génère un maillage uniforme qui ne hiérarchise rien. Il n’est pas nocif en soi, mais il ne remplace pas des liens contextuels et il dilue le reste.
Un repère pratique : sur une fiche produit, comptez les liens hors navigation et pied de page. S’il y en a moins de cinq, votre maillage contextuel est inexistant.
Ce qui s’automatise et ce qui ne s’automatise pas
S’automatise bien : le lien du produit vers sa catégorie principale, le lien vers la marque, les blocs de produits similaires calculés sur des données réelles, le fil d’Ariane enrichi.
Demande une intervention : les liens contextuels dans les descriptions, les liens depuis les articles de blog, et les liens transversaux entre univers qui n’ont pas de relation dans votre base.
Un dispositif intermédiaire fonctionne bien : un lexique de termes métier, où chaque terme défini une fois est automatiquement lié depuis toutes les descriptions qui l’emploient. Vous obtenez un maillage contextuel à grande échelle sans réécrire les fiches.
Les pièges
Les liens en JavaScript. Un bloc de produits similaires chargé au clic ou au défilement peut ne pas être vu. Le lien doit exister dans le HTML initial.
Les liens vers des pages non indexables. Pointer massivement vers des pages en noindex ou bloquées gaspille la valeur transmise.
Les chaînes de redirection. Un lien interne qui passe par une redirection perd de la valeur et ralentit l’exploration. Après une refonte, les liens internes doivent pointer vers les nouvelles adresses, pas vers les anciennes.
Les pages orphelines. Des pages qui n’ont aucun lien entrant existent sur presque toutes les boutiques : anciennes catégories, pages CMS, produits sortis du menu. Elles ne sont accessibles que par le sitemap, ce qui ne suffit pas.
Mesurer
Trois indicateurs, obtenus avec un crawler.
La profondeur de clic depuis l’accueil. Toute page importante devrait être atteignable en trois clics. Au-delà de cinq, elle est traitée comme secondaire.
Le nombre de liens internes entrants par page, comparé à son importance commerciale. Un décalage entre les deux est votre plan de travail : vos meilleures pages devraient être les mieux liées.
Le nombre de pages orphelines, à ramener à zéro ou à assumer explicitement.
Le module Glossaire SEO pour PrestaShop automatise une partie de ce maillage sur PrestaShop 8 et 9 : lexique de termes métier avec infobulles dans les descriptions et liens automatiques vers les produits et catégories concernés. Sur l’axe des marques, le module Pages Marques SEO construit le flux des fiches vers leur page de marque.