Une description produit de 800 mots peut être présentée de trois façons. Le choix paraît esthétique, il est en réalité un arbitrage entre la lisibilité mobile, l’indexation et la quantité d’information réellement consommée.
Cet article compare les trois structures. La mise en œuvre technique des onglets a été traitée séparément.
Les trois structures
La page continue. Tout le contenu s’affiche à la suite, avec des titres pour structurer. Le visiteur fait défiler.
Les onglets. Le contenu est réparti en sections, une seule visible à la fois, sélectionnée par des intitulés horizontaux.
L’accordéon. Les sections sont empilées verticalement, chacune se dépliant sur place.
Ces trois formes ne sont pas interchangeables : elles produisent des comportements de lecture différents et mesurables.
Sur la lecture mobile
C’est le critère le plus discriminant, et il élimine une option.
Les onglets horizontaux ne tiennent pas sur une largeur de téléphone au-delà de trois intitulés courts. Les solutions de contournement, défilement horizontal ou intitulés tronqués, dégradent l’usage : les dernières sections deviennent invisibles et ne sont jamais ouvertes.
L’accordéon est le format natif du mobile. Chaque section est un bloc pleine largeur, l’ouverture se fait sur place, et le visiteur garde son repère.
La page continue fonctionne bien sur mobile à une condition : que le contenu ne soit pas excessivement long. Au-delà de 1000 mots, le visiteur ne trouve plus l’information qu’il cherche et il n’a aucun moyen de sauter à la bonne section.
Le compromis le plus répandu, et le plus efficace : onglets sur desktop, accordéon sur mobile, avec le même contenu et la même structure HTML.
Sur l’indexation
Contrairement à une idée répandue, les trois formats sont équivalents du point de vue de l’indexation, à une condition unique : que le contenu soit présent dans le code HTML servi.
Un contenu masqué par du style reste lu. Un contenu chargé au clic par un appel asynchrone n’existe pas au moment de l’analyse initiale.
La nuance qui compte : Google indique traiter le contenu masqué derrière une interaction comme ayant un poids moindre. Cela ne le disqualifie pas, mais cela donne un avantage marginal à la page continue et à l’accordéon avec première section ouverte.
Conséquence pratique : ce qui porte votre positionnement, généralement le premier tiers de la description, doit rester déplié quelle que soit la structure choisie.
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Sur la quantité lue
C’est là que les écarts sont les plus nets, et ils vont dans un sens contre-intuitif.
En page continue, le taux de défilement décroît régulièrement. Une part importante des visiteurs atteint le premier tiers, une minorité descend jusqu’au bas de page. Mais ceux qui descendent lisent tout ce qui se trouve sur leur chemin.
En onglets, le premier onglet est vu par la quasi-totalité des visiteurs, et les suivants par une fraction bien plus faible. L’écart entre le premier et le deuxième est brutal.
En accordéon, le comportement se situe entre les deux : les intitulés de toutes les sections sont visibles, ce qui permet au visiteur de repérer ce qui l’intéresse et d’ouvrir sélectivement.
La conclusion utile : les onglets ne font pas lire davantage, ils font choisir. Si votre objectif est que le maximum d’information soit vue, la page continue est meilleure. Si votre objectif est que le visiteur trouve rapidement l’information précise qu’il cherche, l’accordéon gagne.
La règle de décision
Trois critères, à appliquer dans cet ordre.
La longueur du contenu. En dessous de 400 mots, la page continue s’impose : découper si peu de texte ajoute des clics sans bénéfice. Au-delà de 800 mots, le découpage devient nécessaire.
La nature du contenu. Si vos sections sont séquentielles, c’est-à-dire qu’elles se lisent dans l’ordre et se répondent, gardez la page continue : découper un raisonnement le casse. Si elles sont indépendantes, composition, entretien, livraison, garantie, le découpage est naturel.
Le comportement de votre audience. Sur un catalogue technique où le client vient chercher une donnée précise, l’accès direct par section prime. Sur un catalogue où il faut convaincre, la lecture linéaire prime.
La structure mixte
C’est ce qui fonctionne le mieux en pratique, et c’est rarement mis en œuvre.
Le contenu commercial, celui qui donne envie et qui porte le positionnement, reste déplié en page continue, sous le bloc d’achat. Il fait 200 à 400 mots.
Le contenu de vérification, caractéristiques, composition, compatibilités, livraison, passe en accordéon en dessous. Le visiteur y va s’il en a besoin.
Cette répartition suit le parcours réel : on lit d’abord pour se convaincre, on consulte ensuite pour vérifier. Elle évite aussi le principal défaut des onglets, qui est d’enfouir l’argumentaire derrière un clic.
Les erreurs à éviter
Tout replier. Une fiche où même la description commerciale est derrière un clic présente une page vide sous le prix. Le visiteur n’a rien à lire et repart.
Découper en trop de sections. Au-delà de cinq, l’intitulé devient un menu et le visiteur n’en ouvre aucune.
Les intitulés vagues. « Informations complémentaires » ne dit rien. « Composition et entretien » indique précisément ce qu’on y trouve, ce qui augmente le taux d’ouverture.
Le contenu chargé au clic. Voir plus haut : il compromet l’indexation sans bénéfice réel de performance sur du texte.
Mesurer sur votre propre catalogue
Trois relevés permettent de trancher sans deviner.
La profondeur de défilement, en marquant trois seuils : 25 %, 50 %, 75 % de la page. Sur une page continue, elle vous dit où le lecteur décroche.
Le taux d’ouverture par section, sur les formats repliés. Une section jamais ouverte est soit mal intitulée, soit inutile.
Le taux de conversion comparé entre deux catégories équivalentes équipées différemment, sur une période comparable. C’est le seul test qui tranche vraiment, et il demande un catalogue suffisamment homogène.
Le module Onglets Fiche Produit pour PrestaShop permet de mettre en place ces structures sur PrestaShop 8 et 9 : configuration par catégorie de produit, bascule automatique en accordéon sur mobile, contenu servi dans le HTML pour rester indexable, et choix des sections laissées dépliées.