En alimentaire, en cosmétique et en pharmacie, deux unités du même produit ne sont pas interchangeables : l’une périme dans trois semaines, l’autre dans huit mois. Expédier la seconde en gardant la première produit une perte certaine.
C’est ce que la méthode FEFO corrige.
FIFO et FEFO : la différence
Le FIFO expédie d’abord ce qui est entré en premier. Il repose sur l’hypothèse que l’ordre d’entrée correspond à l’ordre de péremption.
Le FEFO expédie d’abord ce qui périme le plus tôt, quel que soit l’ordre d’arrivée.
Ces deux règles donnent le même résultat quand les livraisons se suivent avec des dates régulières. Elles divergent dès qu’une livraison arrive avec des dates plus courtes que le stock existant, ce qui est fréquent.
Trois situations produisent cette divergence.
Un déstockage fournisseur, où vous recevez des lots à date courte à prix réduit.
Une rotation lente sur une référence, où un ancien lot à date longue coexiste avec un lot récent à date courte.
Un retour de marchandise réintégré au stock, dont la date est celle d’origine et non celle de la réintégration.
Dans ces trois cas, le FIFO expédie le mauvais lot et la casse est mécanique.
Ce que suppose le FEFO
La méthode ne fonctionne que si vous connaissez la date de péremption de chaque unité en stock. Cela impose une gestion par lot.
Trois éléments par lot.
Un identifiant, généralement le numéro de lot du fournisseur.
La date limite, qu’il s’agisse d’une date limite de consommation ou d’une date de durabilité minimale.
La quantité restante, décrémentée à chaque expédition.
Le stock d’un produit devient donc la somme des quantités de ses lots, et non un nombre unique.
C’est ce changement de modèle qui est structurant. Il a des conséquences sur la réception, sur la préparation, sur les inventaires et sur les retours.
La règle d’affectation
Question centrale : quel lot affecter à une commande ?
La règle de base est simple : le lot dont la date est la plus proche, parmi ceux qui restent vendables.
Trois raffinements nécessaires en pratique.
Le seuil de vendabilité. Un produit dont la date est dans quatre jours ne doit pas partir vers un client qui le recevra dans trois. Définissez une durée de vie résiduelle minimale à l’expédition, par famille de produits.
Le fractionnement. Une commande de dix unités peut nécessiter deux lots si le premier n’en contient que six. C’est acceptable, et le bon de préparation doit le dire.
L’affectation au moment de la préparation, pas de la commande. Entre les deux, le stock a pu bouger. Réserver un lot précis à la commande crée des blocages inutiles.
Gestion DLC & DLUO : lots, FEFO et dates de péremptionUn lot, une date, un coût, un déstockage juste : la DLC et la DLUO gérées nativement dans PrestaShop.€99.00
La durée de vie résiduelle
Point commercial autant que logistique, et il mérite d’être fixé explicitement.
Combien de temps un client doit-il disposer du produit à réception ? La réponse varie selon la nature du produit et le circuit.
Sur du frais à date courte, quelques jours suffisent mais l’acheminement doit être rapide.
Sur de l’épicerie, un tiers de la durée de vie totale est un repère courant.
Sur du B2B, la durée résiduelle est souvent contractuelle : le client revendeur exige un minimum, parce qu’il doit lui-même écouler la marchandise.
Deux conséquences. Un lot passé sous ce seuil n’est plus vendable au tarif normal : il faut le déstocker, le solder ou le retirer. Et cette bascule doit être automatique et signalée, pas découverte en préparation.
Ce qui change en réception
Le FEFO commence à la réception, et c’est là que les erreurs se créent.
Quatre points.
La date est saisie à la réception, pas plus tard. Un lot entré sans date est inexploitable et il faudra le retrouver physiquement.
Le contrôle de cohérence : un lot dont la date est plus courte que celle du stock existant doit produire une alerte, parce qu’il inverse votre ordre de sortie.
Le refus possible. Si votre fournisseur livre systématiquement des dates courtes, c’est un sujet de négociation, et vos conditions d’achat peuvent prévoir une durée résiduelle minimale à la livraison.
L’emplacement physique. Le FEFO informatique ne sert à rien si le préparateur prend le carton du dessus. L’organisation de l’entrepôt doit rendre le bon lot accessible en premier.
Ce dernier point est celui qui fait échouer les mises en place. Le logiciel indique le lot, le préparateur prend l’autre, et l’écart s’accumule.
La préparation
Trois éléments sur le bon de préparation.
Le numéro de lot à prélever, explicitement, pas seulement la référence produit.
L’emplacement correspondant, si votre entrepôt en gère.
Le fractionnement, quand une ligne demande plusieurs lots, avec la quantité par lot.
Ajoutez une confirmation du lot prélevé par le préparateur, idéalement par lecture de code. C’est ce qui garantit que la traçabilité informatique correspond à la réalité, et c’est indispensable en cas de rappel.
La traçabilité et le rappel
Bénéfice qui justifie à lui seul la gestion par lot, indépendamment de la casse.
En cas de rappel produit, vous devez pouvoir identifier rapidement quels clients ont reçu quel lot. Sans lien entre commandes et lots, la seule option est de rappeler l’ensemble des acheteurs du produit sur une période large.
Trois capacités à vérifier dans votre configuration.
Retrouver les commandes contenant un lot donné.
Retrouver le lot expédié pour une commande donnée, quand un client vous appelle avec un numéro sur son emballage.
Extraire la liste des destinataires d’un lot, avec leurs coordonnées, pour organiser l’information.
Ces trois requêtes doivent être immédiates. En situation de rappel, le temps compte.
L’affichage côté client
Question à trancher : faut-il annoncer la date de péremption avant l’achat ?
Sur du frais, oui : le client doit savoir. L’affichage d’une date minimale garantie, plutôt que la date exacte du lot, évite de devoir mettre à jour la fiche à chaque changement de lot.
Sur de l’épicerie à longue conservation, ce n’est généralement pas nécessaire, et cela peut même inquiéter sans raison.
Sur les ventes à date courte, en revanche, la date doit être affichée clairement et c’est ce qui justifie le prix réduit. Un client qui achète un lot à date courte à prix cassé et qui le découvre à réception se sent trompé.
Mesurer l’effet
Quatre indicateurs, dont le premier est celui qui justifie le chantier.
Le taux de casse pour péremption, en valeur et en pourcentage du chiffre d’affaires de la catégorie. C’est le chiffre avant et après.
La durée de vie résiduelle moyenne à l’expédition, qui devrait baisser puisque vous sortez les lots les plus anciens en premier. Une baisse est ici un signe de bon fonctionnement.
Le nombre de lots passés sous le seuil sans avoir été écoulés, qui identifie les références en surstock.
Le taux de réclamation pour date courte à réception, qui doit rester nul.
Un repère : sur une activité alimentaire mal outillée, la casse pour péremption représente souvent plusieurs points de chiffre d’affaires. Une gestion FEFO correcte en récupère une part significative, ce qui rend le calcul de retour assez simple à faire.
Le module Gestion DLC et DLUO pour PrestaShop met en place cette méthode sur PrestaShop 8 et 9 : gestion du stock par lot avec date limite, affectation FEFO au moment de la préparation avec fractionnement, seuil de durée de vie résiduelle par famille avec alerte automatique, numéro de lot sur le bon de préparation et traçabilité complète entre lots et commandes.